Apropos
Je suis Rosine Fanle Ngoune. J’ai grandi dans un village à l’Ouest du Cameroun, nurturée et entourée de mes grands-parents. C’est auprès d’eux que j’ai découvert, bien avant de mettre des mots dessus, l’importance de la transmission : celle des histoires, des savoirs, des gestes, des lieux et de tout ce qui nous relie à celles et ceux qui nous ont précédés. Cette enfance a profondément façonné ma manière de regarder le monde. Je m’intéresse à ce que les territoires racontent, à la façon dont nous les habitons, à ce que nous choisissons de préserver et à ce que nous transmettons à notre tour. Aujourd’hui, à travers Fanleart, je cherche à donner une forme à ces réflexions. Je crée des objets et des images qui parlent de territoires, de mémoire, d’héritage et de cheminement. Créer, pour moi, c’est une manière de garder une trace, de raconter autrement et de faire vivre ce qui mérite d’être transmis.
FANLEART - SIGNIFICATION
Le prénom "Fanle" a une signification profonde au sein du peuple Bamiléké, symbolisant la clarté et la luminosité. "Fan" ou "Fàn" signifie "claire" ou "lumineuse". Ajouter "le" à la fin est une façon de donner une connotation de personne ou d'individualité à cette clarté. Associé à des valeurs culturelles telles que la sagesse, la transparence et la compréhension, il évoque une personne qui apporte de la lumière dans son entourage par sa personnalité et ses actions.
« Fraye-toi un chemin, ton chemin, et sois-y fidèle ! »
Cette phrase accompagne ma manière de créer depuis 2022, mais aussi ma manière d’avancer dans la vie. Elle me rappelle que chacun peut tracer son propre chemin, à son rythme, avec les ressources dont il dispose, qu’elles soient matérielles, intellectuelles ou humaines, tout en restant fidèle à ce qui lui ressemble et à ce qui compte pour lui.
Mami Chré, mamanza, ta transmission perdurera à jamais dans chacune de mes créations. Le 7 mars 2026 grand-mère est allée se reposer. C’est elle qui m’a élevée, éduquée, qui m’a transmis toute cette culture et ce savoir qui se retrouvent aujourd’hui dans chaque chose que je crée. Ce sont les bases qu’elle a posées qui m’ont donné envie de créer Nzhi. Parce qu’elle était loin, et que je voulais garder un peu d’elle en moi, dans mon espace de vie, dans mon quotidien. Elle avait ce sourire qui disait que tout irait bien. Elle m’a transmis la rigueur et la valeur du processus stratégique. “Nayor nayor” : “doucement doucement”, qui fait écho à la phrase “petit à petit, l’oiseau fait son nid”. Je pense à cette femme qui rayonne partout où elle passe. À maman Christine.
photographe : @belensphoto